La mort de Philip K. Dick
Par Denis Sureau le 6 Octobre 2007 pour BlueJean.fr.
Ecrivain de science-fiction célèbre, spécialiste des
simulacres, fausses réalités et autres artefacts, il ne garde
pas une femme plus de deux ans et écrit comme un robot en consommant
des amphétamines.
Il est né an 1939 avec une soeur jumelle morte peu de temps après,
ce que sa mère lui reprochera en disant que c'était la meilleure
qui était partie, il en souffrira toute son enfance.
Populaire en France, il participe au festival de Metz en 1977 ou il essaie
de séduire une admiratrice, sans succès.
C'est probablement l'écrivain de science fiction qui a le plus inspiré
le cinéma.
- Blade Runner par Ridley Scott (1980). Adapté de Les androïdes
rêvent-ils de moutons électriques ?
Ridley Scott réalisera aussi Alien inspiré de La
faune de l'espace de Van Vogt).
- Total Recall par Paul Verhoeven (1990).
- Confessions d’un Barjo par Jérôme Boivin (1992).
- Planète hurlante par Christian Duguay (1996).
- Impostor par Gary Fleder (2002).
- Minority Report par Steven Spielberg (2002). (Selon la nouvelle Rapport
minoritaire).
- Paycheck par John Woo (2004) selon la nouvelle du même nom.
- A scanner darkly par Richard Linklater (2006). (Substance mort).
Du mauvais usage des drogues...
Dans ses premières années d'écriture, à une époque
où les revues populaires rémunéraient les auteurs à
la quantité de texte produit, Dick, auteur inconnu, s'efforçait
pour vivre de produire des textes à la chaîne et pour tenir cette
charge de travail infernale, prenait des amphétamines. Il en est résulté
une dépendance dont il n'a jamais pu défaire, même s'il
y a eu des hauts et des bas, des rémissions, suivies de rechutes.
En manque quelquefois de produits pharmaceutiques, il lui arrivait de se fournir
dans la rue et de finir à l'hôpital après avoir ingéré
des mélanges plus que douteux.
Ce n'est que dans les dernières années de sa vie, qu'obtenant
enfin la consécration, suffisamment fortuné, Dick fût
alors en mesure de vivre comme il l'entendait et peut-être de se soigner.
Mais il meurt en Mars 1982 d'une attaque foudroyante, son organisme n'étant
plus capable de résister à la suite des mauvais traitements
subis tout au cours de son existence.
Ce qu'ils ont dit de la mort de Dick...
Ces extraits proviennent de l'édition spéciale consacrée par les éditions Denoël à Philip K. Dick.
"J'ai été bien peiné d'ouvrir le New York Times
pour y apprendre la mort de Philip K. Dick (...) aujourd'hui la saga prend
fin sans que nous en connaissions le dénouement."
Frederik Pohl.
"Aucun écrivain de sa génération n'a eu une pareille
présence intellectuelle. Il est gravé dans nos mémoires,
et dans notre imaginaire, aussi. Son dernier roman, La Transmigration de Timothy
Archer, abonde en pressentiments de sa mort prochaine."
Brian Aldiss.
"Les lecteurs et les amis de Phil reçoivent un héritage
considérable et peut-être inestimable. Dans ce sens là,
il ne nous a pas quittés.
Mais bon Dieu, qu'est-ce qu'il me manque!"
Paul Williams.
"J'ai vu Phil pour la dernière fois aux alentours de Noël.
(...) Mais ni lui ni elle (son amie), ni moi n'aurions jamais imaginé
combien serait court le restant de ses jours."
Ray Nelson.
"Philip K. Dick fut enterré dans la tombe qui l'avait attendu
toute sa vie, sur le petit lopin qu'il partageait désormais avec sa
soeur jumelle, morte à sa naissance.
Elle aussi l'avait attendu, durant tout le temps où la vie le retenait,
avec cette étrange patience qui est l'apanage des morts."
Michael Swanwick.
"Il y a deux ans, j'ai reçu une lettre de Phil me demandant de
passer un test facile pour l'assurer que j'étais bien son cher ami
Adam Davidson et non quelque imposteur".
Adam Davidson.
"La seule position à adopter lorsque survient un évènement
aussi monstrueux et aussi inacceptable que la mort de Philip K. Dick c'est
(de se dire que) d'ici quatre-vingt millions d'années, je n'y attacherai
sans doute plus la moindre importance."
Robert Silberberg.
"J'ai gardé la nette impression qu'il était de ces gens
qui ne cessent de vouloir se détruire."
John Brunner.
"Le réconfort que je trouve au jour de sa mort tient à
ce qu'il a eu le temps d'écrire une oeuvre aussi sage et aussi courageuse.
Il savait où il allait je crois et il est parti comme un homme qui
vous sourit par dessus son épaule en s'éloignant."
Ursula K. Le Guin.
"Dick est mort, il n'y pas de quoi en faire tout un plat."
Jean-Pierre Andrevon.